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Thérapie des schémas partie 1 : les besoins fondamentaux des enfants

barbaralaurentpsy
20 août
5 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 3 jours

L'un des postulats centraux de la thérapie des schémas est que chaque enfant naît avec des besoins émotionnels fondamentaux. Lorsque ces besoins sont suffisamment satisfaits par l'environnement familial et social, l'enfant développe une image positive de lui-même, des autres et du monde. À l'inverse, lorsque ces besoins sont négligés, frustrés ou satisfaits de manière incohérente, des schémas précoces inadaptés (SPI) peuvent se construire et influencer durablement la vie émotionnelle et relationnelle de la personne. Voir l'article Thérapie des schémas partie 2 intitulé « Les schémas, les croyances profondes construites dans l’enfance ».

L’absence de réponses régulières adaptées de l’adulte référent envers l’enfant va enclencher des problématiques qui vont influencer trois critères spécifiques : la régulation émotionnelle, l'estime de soi et les relations aux autres (interpersonnelles). 


En thérapie des schémas, il existe cinq catégories de besoins fondamentaux.


  1. Le besoin de sécurité, d'attachement et d'acceptation

L'enfant a besoin de se sentir aimé, protégé et accepté de manière stable par les adultes qui prennent soin de lui. Cette sécurité affective lui permet de développer un sentiment de confiance envers les autres et envers lui-même.

Lorsque ce besoin est satisfait, l'enfant apprend qu'il peut compter sur les personnes importantes de son entourage en cas de difficulté. Il développe progressivement un sentiment de valeur personnelle et une capacité à créer des liens sécurisants. À l'inverse, des expériences de rejet, d'abandon, d'instabilité émotionnelle, de maltraitance ou de négligence peuvent fragiliser ce sentiment de sécurité et favoriser l'apparition de certaines croyances néfastes sur le monde ou encore les relations aux autres (Voir article XXX)


La validation de ce besoin permet à l’enfant d’intégrer :

  •  « je sais que quelqu’un de stable est là, nuit et jour, qui peut passer du temps avec moi et m’aime inconditionnellement »,

  •  « je sais que quelqu’un me soutient, une personne chaleureuse, proche émotionnellement et attentionné »,

  •  « je sais que quelqu’un me comprend vraiment, assure ma sécurité et mon réconfort »,

  •  « je sais que quelqu’un peut me guider au travers des apprentissages et des difficultés, je peux compter sur les autres »,

  •  « je suis quelqu’un de valable/important/bien car mes figures d’attachement me renvoient cette image ».


  1. Le besoin d'autonomie, de compétence et d'identité

Grandir implique également de pouvoir explorer le monde, faire des expériences et développer progressivement son indépendance. L'enfant a besoin d'être encouragé à agir par lui-même tout en bénéficiant d'un soutien adapté à son âge.

Lorsque ce besoin est respecté, il développe un sentiment de compétence, de confiance en ses capacités et une identité personnelle solide. Il apprend qu'il peut faire face aux défis de la vie et demander de l'aide lorsque cela est nécessaire. À l'inverse, une surprotection excessive, des critiques constantes ou un manque de soutien peuvent conduire à des sentiments d'incompétence, de dépendance ou d'échec.

La validation de ce besoin permet à l’enfant d’intégrer : 

  • « je connais mes compétences »,

  • « je sais faire des choix et tenir compte de mes goûts personnels »,

  • « je sais me débrouiller seul dans la vie »,

  • « les gens qui m’entourent sont là pour moi »


  1. Le besoin de liberté d'expression émotionnelle

Les émotions jouent un rôle essentiel dans le développement psychologique. L'enfant a besoin de pouvoir exprimer librement ses joies, ses peurs, sa tristesse, sa colère ou sa déception sans craindre le rejet ou la disqualification. Lorsque les adultes accueillent et reconnaissent ces émotions, l'enfant apprend à les identifier, à les comprendre et à les réguler. Il découvre que ses ressentis ont de la valeur et qu'ils peuvent être partagés avec les autres.

À l'inverse, lorsque certaines émotions sont systématiquement minimisées, ignorées ou sanctionnées (« ne pleure pas », « tu n'as aucune raison d'avoir peur » alors qu’un danger est réellement présent, « arrête de te mettre en colère »), l'enfant peut apprendre à réprimer une partie de son monde émotionnel. Plus tard, cela peut favoriser des difficultés à reconnaître ses besoins, à exprimer ses émotions ou mettre des limites de manière adaptée.

La validation de ce besoin permet à l’enfant d’intégrer : 

  • « Mes ressentis et émotions sont légitimes, les autres y portent attention et s’y adaptent  »,

  • « Mon vécu est important ».


  1. Le besoin de spontanéité, de jeu et de plaisir

Le jeu n'est pas un simple divertissement : il constitue un élément fondamental du développement affectif, intellectuel et social. À travers le jeu, l'enfant explore son environnement, développe sa créativité, apprend à interagir avec les autres et découvre ses propres ressources. Il a besoin d'espaces où il peut être spontané, curieux et libre d'expérimenter sans être constamment évalué ou soumis à des exigences de performance.

Lorsque ce besoin est négligé au profit d'attentes excessives, de responsabilités précoces ou d'une pression importante à réussir, l'enfant peut développer une tendance à l'hypercontrôle, au perfectionnisme ou à la difficulté à éprouver du plaisir.

La validation de ce besoin permet à l’enfant d’intégrer : 

  • « je sais reconnaître mes ressentis et émotions, je connais mes besoins et leurs limites »,

  • « je sais exprimer des demandes appropriées à mon environnement »,

  • « je connais mes limites et les exprime ».


  1. Le besoin de limites et de cadre sécurisant

Les limites sont essentielles dans le développement d’un enfant, elles leur permettent de comprendre les règles de la vie en société, de développer leur capacité à tenir compte des autres et à réguler leurs comportements. Des limites adaptées offrent un cadre rassurant dans lequel l'enfant peut évoluer en sécurité. Elles lui permettent d'intégrer progressivement la frustration, le respect mutuel et la responsabilité.

Lorsque les limites sont absentes, incohérentes ou au contraire excessivement rigides, l'enfant peut éprouver des difficultés à gérer ses impulsions, à accepter les contraintes ou à construire une image équilibrée de lui-même et des autres.

La validation de ce besoin permet à l’enfant d’intégrer : 

  • « je connais l’existence des autres et j’ai appris à respecter leurs besoins, leurs idées et leurs émotions »,

  • « je connais les règles sociales et je les respecte »,

  • « je suis capable de contrôler mes émotions et mon comportement ».


Une satisfaction « suffisante » plutôt que parfaite

La thérapie des schémas, et la psychologie plus globalement, ne considère pas qu'un parent doive répondre parfaitement à tous les besoins de son enfant. Aucun parent n'est capable d'une telle perfection, et cela n'est d'ailleurs pas réaliste.

Ce qui favorise un développement psychologique harmonieux, c'est une satisfaction suffisamment bonne de ces besoins émotionnels au fil du temps. C'est cette base sécurisante qui constitue le socle du développement d'un « Adulte sain », capable à l'âge adulte de prendre soin de lui-même, d'entretenir des relations équilibrées et de répondre de manière adaptée à ses propres besoins émotionnels.

En fonction des évènements de vie et des types de besoins qui ne sont pas suffisamment remplis, les individus vont développer des Schémas Précoces Inadaptés (SPI), c’est-à-dire des conclusions/croyances sur lui-même, les autres ou le monde. Je vous laisse lire la suite dans l’article Thérapie des schémas partie 2 intitulé « Les schémas, les croyances profondes construites dans l’enfance ».


Barbara Laurent - Psychologue clinicienne et psychothérapeute - 2026


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